GAM / MMFF : Artistes et managers prennent la parole

Suite des accords Schwartz, débat sur la transparence et le partage de la valeur au niveau européen, code des usages entre créateurs et éditeurs, relations avec les autres partenaires de l’écosystème, innovation… Nous avons donné la parole à Suzanne Combo, déléguée générale de la Gam, et à Virginie Borgeaud, présidente de MMFF. Des forces de représentations qui participent au débat et font entendre leurs voix spécifiques. Pouvez-vous tout d’abord, pour celles et ceux qui ne les connaîtraient pas encore, présenter vos deux organisations ? Suzanne Combo : La Gam (Guilde des artistes de la musique) a été créée en 2013, à l’initiative d’Axel Bauer, Kent, Issam Krimi et moi-même, sur la volonté de se réapproprier nos métiers. Nous ne sommes pas un syndicat, mais un groupement d’intérêt, un espace de rencontre et d’échange pour éclairer et informer les artistes. L’objectif est de structurer notre parole pour faire entendre notre voix dans les débats qui agitent l’écosystème musical. Virginie Borgeaud : MMFF (Music Manager Forum France) existe depuis 1999. La création du syndicat provient en partie d’une demande de MMF UK, structure équivalente au Royaume-Uni. Notre objectif a toujours été de rompre l’isolement des managers. Nous avons mis en place un code de déontologie et nous faisons de la formation. Le métier de manager est protéiforme, il n’a pas toujours bonne réputation. Nous avons réussi à installer ce métier, mais cela n’a pas toujours été simple. Nous étions initialement une association, et nous nous sommes transformés en syndicat suite aux attaques fortes que nous avons subies. Ce n’était pas notre souhait, mais c’était le seul moyen d’asseoir notre existence, pourtant indiscutable. Ces derniers mois ont vu la Gam et MMFF publier des communiqués communs. Comment s’est opéré le rapprochement entre vos deux organisations ? VB : Le rapprochement est naturel. En tant que managers, nous ne sommes pas ayants droit, mais mandataires des artistes. Nous avons donc une relation spécifique, privilégiée et transversale. Quand cette industrie était florissante, les artistes étaient relégués dans un rôle unique d’employé. Toutes les relations professionnelles étaient définies par cette relation employé/employeur. Les syndicats d’artistes, instrumentalisés par les producteurs, s’inscrivaient d’ailleurs pleinement dans cette logique. Les négociations se limitaient à des discussions sur les salaires et les conventions collectives, laissant de côté le reste de l’économie liée aux artistes. Les deux parties pouvaient y trouver leur compte. Aujourd’hui, le monde a changé. L’artiste, à savoir l’auteur compositeur interprète, est désormais un entrepreneur. L’organisation historique de l’écosystème est totalement caduque, la convention collective n’est absolument pas applicable pour un artiste qui serait son propre producteur. Quand la Gam est apparue, avec son positionnement nouveau et singulier, en dehors des postures et des instrumentalisations historiques, il apparaissait logique de discuter et de travailler ensemble. Tout le monde se revendiquant de porter la voix des artistes, il était nécessaire qu’une structure comme la Gam voit le jour. SC : La proximité se fait aussi de par nos métiers, complémentaires, et par notre volonté de transversalité. Nous sommes parmi les rares à mettre les mains dans le cambouis de tous les domaines de l’écosystème musical. MMFF et la Gam souhaitent inscrire leur action dans un ensemble, et ne pas se limiter à leurs prés carrés. La dimension d’intérêt général, dépassant les clivages partisans, est primordiale pour nous. VB : Sans doute aussi parce que que nous sommes les seuls à ne pas vivre de cette situation syndicale. Nous n’avons pas un emploi rémunéré à sauver lorsque nous négocions. Cela nous donne aussi une plus grande liberté. On a pourtant l’impression que cette collaboration entre représentations d’artistes et de managers va moins de soi que dans les pays anglo-saxons… VB : La position du manager en France et dans les pays méditerranéens est très différente. La position dans le business n’est donc pas exactement la même. SC : Après la création de la GAM, nous avons immédiatement discuté avec la FAC (Featured Artists Coalition) et avons rapidement rencontré les managers. Nous avons assisté à un CA de MMF UK. D’emblée, nous avons eu le sentiment que c’était un syndicat qui défendait sa profession, mais en allant aussi sur des questions économiques plus globales, avec une volonté de lobbying européen. La Gam s’est positionnée dès le début sur ces questions, nous avons vu nos convergences d’intérêts. Et comme nous avons tous peu de moyens, il est aussi plus intelligent de mutualiser le travail. La lettre à M. Juncker, l’appel au sein de l’IAO pour un marché unique numérique viable, la pétition… Toutes ces initiatives ont pour mots d’ordre transparence, intérêt commun des parties, partage de la valeur et rémunération équitable. Pouvez-vous nous en dire plus ? SC : Transparence, partage de la valeur… ce sont des grands mots, des grands concepts. Et le problème avec les grandes idées, très générales, c’est que chacun met derrière ce qu’il veut, ou ce qui l’arrange. Les mots sont aisément manipulables. Ce qui s’est passé au mois de juin est à ce titre intéressant, révélant la fragilité de la parole des artistes. Des majors, à l’initiative de l’Ifpi, ont fait circuler une lettre à l’attention de Jean-Claude Juncker, laissant penser qu’il s’agissait d’une lettre d’artistes, justement pour récolter des signatures d’artistes. Le seul problème est qu’elle était incomplète sur le fond. Pour nous, l’important était que cette lettre arrive à la Commission européenne en étant la plus complète et la plus équilibrée possible. Pour comprendre ces débats et ces enjeux, il faut être éclairé, pour saisir les subtilités. Et de nombreux artistes ont pu la signer en pensant, en toute sincérité, qu’elle défendait leurs intérêts. Manipuler des concepts comme le safe harbour ou le value gap, dont la traduction en « transfert de valeur » est déjà discutable, n’est pas simple. D’où la volonté de la Gam et de MMFF de préciser les choses : nous ne sommes pas contre l’initiative de l’Ifpi, elle est juste incomplète, notamment sur la question de la transparence. Alors même que les majors auraient grandement besoin de transparence, ne serait-ce que

Suite à la récente fuite du contrat conclu entre SONY et SPOTIFY

Suite à la récente fuite du contrat conclu entre SONY et SPOTIFY en 2011, l’organisation internationale des artistes réagit: Lettre de IAO à la Commission européenne – 27/05/2015 « L’international Artist Organisation (IAO) approuve la lettre ouverte publiée le 22 mai 2015 par l’International Music Managers’ Forum (IMMF), qui a mis en évidence plusieurs points importants du contrat Sony-Spotify de 2011, révélé la semaine dernière par le site www.theverge.com, et qui a depuis été retiré. La lettre IMMF: http://immf.com/wp-content/uploads/IMMF-Statement-3.pdf  » « La fuite de ce document est un tournant pour les artistes et ne doit pas être sous-estimé. » « Ce seul contrat semble montrer des avances de près de 40millions de dollars, en plus de la publicité pour une valeur de 9 millions de dollars, liant une plateforme à un label en Amérique du Nord pour un accord de licence de 2 ans plus 1 an en option. Si on extrapole ces chiffres aux trois majors et aux autres plateformes numériques, on commence à parler de très gros montants. » « La IAO propose trois actions concrètes après la fuite du contrat entre Sony et Spotify et ce dans le contexte de la révision de la directive droit d’auteur et des enquêtes anti-trust en cours actuellement. » CLIQUEZ ICI pour lire la lettre complète que IAO a adressée au Vice Président Andrus Ansip et aux commissaires Günther Oettinger et Margrethe Vestager.

CREATORS FOR EUROPE appelle tous les créateurs à se mobiliser :

Oui a la Culture, Non au démantèlement du droit d’auteur en Europe « Chers amis,Le droit d’auteur fait à nouveau débat sur la scène européenne. L’encre de la directive sur la gestion collective à peine sèche, la Commission a lancé une consultation publique sur l’avenir du droit d’auteur qui débouchera sur un livre blanc. A travers 80 questions, tout est potentiellement remis en cause (territorialité du droit d’auteur, principe du pays de destination, liste des exceptions, durée de protection…). Dans ce contexte, et avant le 5 février (date de clôture de la consultation), il nous revient, à nous professionnels de la culture et porte-voix de la création et des créateurs en France, de nous mobiliser pour défendre le droit d’auteur et plus largement la diversité culturelle. L’Alliance européenne des auteurs et compositeurs de musique (ECSA) a lancé une plateforme www.creatorsforeurope.eu, assortie d’une campagne de communication, afin que tous les créateurs européens et professionnels des industries culturelles et créatives puissent faire entendre leur voix. L’objectif premier est de les inviter à participer à cette consultation publique. Le second, de se mobiliser à travers une pétition. »La SACEM JE PARTICIPE au questionnaire

Mission Phéline : au delà du partage de la valeur

Article fondamental publié le 27/09 par Philippe Astor dans ElectronLibre – 30/09/13 Lancée par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti pour établir un nouvel état du partage de la valeur dans la musique en ligne, après le précédent rapport publié en 2011 par l’Hadopi, la mission Phéline, qui mène déjà ses auditions tout azimut, doit se pencher plus avant sur la rémunération des artistes, et se prononcer sur la pertinence d’instaurer un régime de gestion collective des droits voisins des producteurs sur Internet.Au delà d’un partage de la valeur équitable, la gestion collective, qui rencontre une opposition farouche des producteurs, peut néanmoins, sous certaines formes, favoriser à la fois la régulation et le développement du marché

Thom Yorke, Spotify : Ok Computer or not ?

La Guilde des Artistes de la musique accueille avec beaucoup d’intérêt le débat initié sur Twitter par Thom Yorke et Nigel Godrich au sujet de Spotify – 17/07/13 En effet, le numérique entraine une mutation du monde de la musique qui peut être réjouissante dans le nouveau rapport au public qu’il propose.Cependant, si ces changements fragilisent la création et tout un écosystème au détriment des artistes et du public, cette évolution ne peut être acceptable.En ce sens, nous soutenons l’initiative de Thom Yorke qui consiste à poser clairement le débat sur la place de l’artiste à l’ère du numérique. La GAM tient ainsi à renouveler son soutien aux préconisations du Rapport Lescure sur le numérique.Elle invite la Ministre de la Culture, l’ensemble du gouvernement et le Président de la République à être sensible aux propositions évoquées sur la rémunération des artistes, le développement de l’innovation et les systèmes de régulation et de soutien à la création, favorables à la diversité.

Thom Yorke, Spotify : Ok Computer or not ?

Radiohead Veille

La Guilde des Artistes de la musique accueille avec beaucoup d’intérêt le débat initié sur Twitter par Thom Yorke et Nigel Godrich au sujet de Spotify – 17/07/13 En effet, le numérique entraine une mutation du monde de la musique qui peut être réjouissante dans le nouveau rapport au public qu’il propose.Cependant, si ces changements fragilisent la création et tout un écosystème au détriment des artistes et du public, cette évolution ne peut être acceptable.En ce sens, nous soutenons l’initiative de Thom Yorke qui consiste à poser clairement le débat sur la place de l’artiste à l’ère du numérique. La GAM tient ainsi à renouveler son soutien aux préconisations du Rapport Lescure sur le numérique.Elle invite la Ministre de la Culture, l’ensemble du gouvernement et le Président de la République à être sensible aux propositions évoquées sur la rémunération des artistes, le développement de l’innovation et les systèmes de régulation et de soutien à la création, favorables à la diversité. La Gam

Artistes-Musiciens d’une seule voix

Tribune parue dans Libération – 23/05/13 Les artistes de la musique se réunissent et signent une tribune sur la musique et le numérique. « Le monde de la musique serait-il devenu cannibale ? Artiste ne voulant pas dire autiste, nous éprouvons le besoin urgent de nous exprimer et de nous faire entendre. Face aux bouleversements évidents créés par l’ère numérique, le sentiment le plus partagé est qu’aucune réponse n’a été apportée aux enjeux culturels qui se posent aux artistes comme au public. » Lire l’intégralité de la tribune avec les signataires : artistemusicien.tumblr.com

Smicard chez Spotify pour 1,5 million d’écoutes

Publié sur Electron Libre par Philippe Astor – 9/12/13 On peut désormais valider certaines hypothèses sur ce que rapporte vraiment le streaming aux artistes grâce aux données de Spotify : le SMIC pour 1,5 million d’écoutes. Un SMIC net pour à peu près un million et demi d’écoutes par mois dans le cas d’un artiste-interprète, c’est en gros ce que rapporte Spotify, selon les statistiques publiées la semaine dernière par la plateforme de streaming suédoise. Dans un élan de transparence envers les artistes, qui sont de plus en plus nombreux à critiquer la trop faible rémunération du streaming, Spotify a décidé de faire toute la lumière sur son mode de calcul des royalties reversées aux ayant droit, et de leur ouvrir, ainsi qu’à leurs managers, un accès gratuit et direct à leurs statistiques d’écoute person …