Les artistes font sauter le tabou sur la santé mentale

[SANTÉ MENTALE] De plus en plus d’artistes prennent la parole pour évoquer leurs problèmes de santé mentale. Paris, mercredi 1 février 2022 De plus en plus d’artistes prennent la parole pour évoquer leurs problèmes de santé mentale. Des troubles qui touchent particulièrement les musiciens, à en croire de récentes études. « Une tournée, c’est une vie hors de l’ordinaire, un cocon, revenir chez soi est très compliqué », confirme auprès de l’AFP Suzanne Combo, déléguée générale de la Gam (Guilde des artistes de la musique, en France). Chiffres édifiants En France, la Gam et le collectif Cura (santé des artistes et des professionnels de la musique) ont lancé le deuxième volet d’une enquête sur le bien-être dans le secteur musical, dont les résultats sont attendus en avril. Le premier volet s’intitulait « Une industrie de passionnés sous pression »… Si vous avez besoin d’aide, on vous remet quelques numéros utiles : 3114 – Prévention au suicide0145394000 – Suicide Ecoute3919 – Violences faites aux femmes

CURA et La GAM lancent le 2ème volet de l’enquête sur la santé et le bien-être dans l’industrie musicale française

Veille La GAM

[CP] CURA et La GAM lancent le 2ème volet de l’enquête sur la santé et le bien-être dans l’industrie musicale française Paris, mardi 12 octobre 2021 La Guilde des Artistes de la Musique et le collectif CURA lancent le deuxième volet de l’enquête nationale sur le bien-être et la santé des artistes et des professionnel.le.s de la musique, et annoncent leur partenariat avec le Centre national de la musique (CNM) et Audiens. « Notre première enquête sur la santé dans la musique [2019] était exploratoire et révélait à quel point nous étions une industrie de passionnés sous pression. Aujourd’hui, après 18 mois de pandémie, nous avons besoin de la participation du plus grand nombre d’artistes et de professionnel.le.s pour approfondir nos recherches sur l’ensemble du territoire. Il nous paraissait naturel que le CNM et Audiens puissent s’associer à notre démarche puisque chacune de nos organisations, à leur échelle, tend vers l’amélioration des conditions de travail dans le secteur musical français. » Suzanne Combo, déléguée générale de la GAM pour le collectif CURA. La GAM et CURA ont choisi de confier la direction scientifique de cette étude au Dr Jérémy Vachet (Audencia, Assistant Professor ; LabSIC, Université Paris Sorbonne Nord), l’ingénierie de recherche au Dr. Sandrine Bubendorff (sociologue indépendante) et l’ingénierie d’étude à Mélanie Gourvès. Ce volet 2 de l’enquête explorera les thèmes suivants : précarité économique, sociale et psychologique, multi-activités, exclusion, addictions, violences psychologiques, physiques, sexistes et sexuelles. « L’emploi dans la filière musicale est peu reconnu. Pris dans des logiques de « métier passion », parfois considérés comme « non-essentiels », les emplois dans cette filière font face à de nombreuses particularités. On ose rarement s’exprimer sur la précarité économique, sociale et psychologique ainsi que des formes d’exclusion et de domination multiples. Elles sont pourtant bien souvent le quotidien des travailleur·ses de la filière musicale. » Dr Jérémy Vachet, directeur scientifique de l’étude. En participant à cette enquête, vous avez l’occasion de faire entendre votre voix. Répondez-y en toute franchise, en exprimant votre opinion personnelle. Le questionnaire est anonyme et dure une dizaine de minutes. Pour participer, il vous suffit de cliquer ici et de répondre au questionnaire avantle 15 novembre 2021. Nous vous remercions par avance pour le temps précieux que vous nous accorderez et vous invitons à partager cette étude autour de vous. Contact presse :

[APPEL DES INDEPENDANTS] Les 10 propositions de la GAM

Retrouvez les 10 propositions de la GAM dans le manifeste des structures culturelles et des médias indépendants 1600 structures culturelles et médias, représentatifs de tous les secteurs culturels et rassemblés derrière l’Appel des indépendants, 140 propositions, 20 tribunes, les contributions et perspectives de 40 personnalités du secteur culturel indépendant et de 20 organismes professionnels, syndicats, réseaux et initiatives collectives pour dépasser la crise et réinventer notre horizon culturel. Télchargez ici le manifeste – 10 propositions de la GAM – Les auteurs, les compositeurs, les artistes de la musique jouent un rôle vital au sein de la filière musicale : ils créent les oeuvres qui seront ensuite commercialisées, exploitées et diffusées. Ils représentent le tout premier maillon d’une chaîne créative et de production culturelle, dont dépendent de nombreux autres métiers. Ils sont les garants de la vitalité, du dynamisme et de la diversité de la création musicale française qui rayonne ensuite par-delà les frontières hexagonales. Ce sont eux qui génèrent l’adhésion du public et la cohésion sociale alors que leur statut n’est paradoxalement que peu reconnu au sein de la société. Les artistes et les auteurs souhaitent pouvoir aujourd’hui compter sur une politique publique de la musique ambitieuse, encourageante et en phase avec son temps. La mise en oeuvre de cette politique publique passe nécessairement par la régulation d’un secteur en profonde mutation mais aussi par des moyens nouveaux et significatifs, directement fléchés vers les artistes et les auteurs pour qu’ils puissent créer aujourd’hui les oeuvres qui seront exploitées et diffusées demain. Les spectacles, la diffusion et la vente de disques étant empêchés du fait de la crise sanitaire, il est primordial d’investir dans la création artistique pour anticiper la relance économique du secteur musical. Les Artistes se battent pour 1. Obtenir une place au sein de la maison commune de la musique : le CNM. A ce jour, seules les entreprises y sont accueillies. Les Artistes souhaitent que le CNM devienne pour eux : • Un lieu d’accueil : la porte d’entrée pour tout artiste et auteur professionnels fluidifiant l’accès aux et la compréhension des services, outils et des dispositifs existants. • Un lieu d’orientation, d’informations et de conseils : informations sur toutes les aides et les ressources existantes, conseils administratifs, entrepreneuriaux (outils de gestion, structuration…), juridiques (mise à disposition de l’aide d’un juriste)… • Un lieu d’observation et de prospective : qui observe l’évolution des pratiques professionnelles des artistes et des auteurs d’aujourd’hui et notamment sur l’autoproduction, et mènent une réflexion sur les artistes et auteurs de demain. • Un guichet d’aide pour les soutenir directement et très concrètement, dès le début de leur travail et de leurs investissements créatifs, techniques, numériques et artistiques. Les auteurs n’ont pas de revenus pour créer, ils assument seuls, sans soutien, une prise de risque considérable en investissant du temps et des capitaux propres. • Un soutien à la formation 2. Une meilleure exposition de la musique dans les médias : Nous demandons que le groupe audiovisuel public investisse dans des contenus de musique live de qualité, grand public et aux heures de grande écoute qui valorisent la création musicale dans sa diversité, portant une attention particulière à la place des femmes créatrices et artistes. 3. Une juste rémunération et un partage plus équitable de la valeur Les interprètes et les auteurs méritent de recevoir des rémunérations qui reflètent enfin la valeur générée par leur travail de création artistique. Cela doit passer par un plus juste partage entre les plateformes et les ayant-droits puis entre les labels et les artistes ou les organismes de gestion collectives et les auteurs. Les revenus du streaming sont extrêment concentrés : 90% des revenus vont à 1% des artistes présents sur les plateformes. Cette situation représente un danger pour la diversité musicale et précarise les métiers des artistes et des auteurs. 4. Des relevés de redevances efficaces, corrects, compréhensibles et modernes La GAM estime qu’il est temps pour l’industrie de la musique de mettre en pratique des procédures de comptabilisation et de paiement des redevances rapides et efficaces. Les paiements aux artistes ne ne doivent plus être diminués par des déductions techniques injustifiées ou des procédures et transactions internes de retenue à la source. Les labels et autres ayant-droits devraient être tenus d’informer les artistes et autres titulaires de droits concernés de toute exploitation de leurs oeuvres. 5. Une base de métadonnées mondiale qui crédite et enregistre efficacement La GAM estime que les artistes et les auteurs devraient être crédités pour leur travail pour chaque exploitation, et soutient l’élaboration d’une base de données mondiale universellement accessible et normée qui recenserait les « passeports » des oeuvres. Cela faciliterait la traçabilité des utilisations des oeuvres et la réclamation des droits. 6. Concurrence loyale et meilleur équilibre des positions de négociations La GAM estime qu’il est important d’améliorer la position de négociation des artistes afin que les parties négocient sur un pied d’égalité. Il est nécessaire de faciliter l’accès des artistes aux conseils d’un avocat, qui devraient être obligatoire avant toute signature contractuelle. 7. Un plan de lutte en faveur de l’égalité Femmes/Hommes et contre les violences sexuelles dans l’industrie musicale Il convient d’observer et d’analyser les raisons de l’absence des femmes aux postes de direction ou de direction artistique dans cette industrie, mais aussi les causes de l’évaporation des femmes artistes et créatrices entre les études supérieures et la vie professionnelle. Il est indispensable de mettre en place les mesures qui permettront de corriger tout un système qui empêche aujourd’hui une présence plus importante des femmes aux postes de direction, sur scène et dans les médias. 8. Un plan de préservation de la santé et du bien-être dans l’industrie musicale L’enquête du collectif CURA parue en Octobre 2019 a révélé le profond mal-être des femmes et des hommes évoluant dans les métiers de la musique. Il apparait urgent de travailler collectivement à la mise en oeuvre d’un plan de préservation de la santé et du bien-être des artistes et des professionnel.les de l’industrie musicale : il faut investir dans la prévention et créer un fond d’aide pour faciliter l’accès aux soins et encourager la guérison. 9. Des mesures d’urgence

Hommage à Jean-Marie Moreau

C’est avec un immense chagrin que la GAM a appris la disparition de Jean-Marie Moreau. Auteur de talent, grand défenseur du droit d’auteur, il s’est toujours montré à l’écoute de la nouvelle génération. D’abord journaliste pour Salut les copains , il se consacre ensuite à l’écriture de chansons. Nous lui devons le succès « L’amour est dans l’air« , interprété par Laurent Rossi en 1978, « Rien que pour toi » écrit pour François Feldman, et bien d’autres chansons lumineuses et tendres interprétées par Sylvie Vartan, Demis Roussos, Julie Pietri, Diane Tell ou encore Alain Delon . Fervent défenseur du droit d’auteur et de sa gestion collective, j’ai eu l’honneur de voyager avec lui à Toronto, Tokyo, Lisbonne, Madrid, Bruxelles ou Strasbourg. Nous partagions le même souci de la solidarité entre auteurs et artistes, et avons tous deux oeuvré au rapprochement de nos organisations nationales et internationales : le SNAC, ECSA et le CIAM pour lui, La GAM et IAO pour nous. Ancien Président de la SACEM, c’est un homme engagé, tenace et euphorique, qui monte sur les épaules d’Olivier Delevingne (alors Président de l’UNAC ) pour crier « Victoire ! » avec nous. La directive du droit d’auteur venait d’être adoptée par le Parlement européen après 3 ans de lutte. Jean-Marie était là pour les batailles, là pour la victoire, là pour nous jusqu’au bout. Jean-Marie Moreau est un exemple de droiture, de discrétion et d’écoute, dont l’humour, l’énergie et la tendresse resteront gravés à jamais dans nos mémoires. Toutes nos pensées vont à sa famille et ses amis. Suzanne Combo pour La GAM

Covid-19 et Cas de force majeure

« Le coronavirus n’excuse pas tout » Note juridique par Alexandra Jouclard La crise sanitaire qui frappe le monde est sans précédent et n’épargne aucun secteur d’activité économique. Le secteur de la culture qui dépend directement de la fréquentation du public est fortement affecté. Depuis plusieurs semaines, de nombreux événements artistiques ont été reportés ou annulés à cause de l’épidémie du Covid-19 et du fait des mesures gouvernementales interdisant les rassemblements publics et imposant le confinement. Le secteur culturel se voit paralysé sine die dès lors que la reconduction des périodes de confinement semble inévitable au 15 avril prochain. Face à ces perturbations, chaque acteur devra agir avec prudence et ne pas invoquer sans certitude des causes exonératoires de responsabilité comme la force majeure (dont l’acquisition demeure incertaine et soumise aux stipulations contractuelles particulières). En toutes circonstances, et même aussi extrêmes que celle que nous traversons tous, les principes : peuvent être utilisés par les partenaires contractuels pour ouvrir des négociations et rétablir des discussions qui seront de nature à relancer un secteur en souffrance. Tout un écosystème vacille et la question de la pérennité contractuelle est posée : les contrats peuvent-ils être annulés ou reportés du fait du Covid-19 ? Peut-on invoquer cette pandémie comme une cause exonératoire de responsabilité ? Peut-on se décharger d’une obligation sans en payer les conséquences ? Quelles sont les conséquences sur un contrat de travail ? Petit tour d’horizon des dispositions légales applicables, et de la jurisprudence actuelle, avec toute la réserve et la prudence requises par la situation :  Téléchargez l’article en entier : Article – Covid-19 et force majeure 07.04.2020 V2

[CURA x GAM] Enquête sur la santé et le bien-être dans l’industrie musicale en France : une industrie de passionné.es sous pression

La Guilde des Artistes de la Musique et le collectif CURA, [crée en 2019 par Shkyd (beatmaker), Suzanne Combo (artiste / dg de la GAM), Sandrine Bileci (naturopathe) et Robin Ecoeur (journaliste)], vous révèlent aujourd’hui les résultats de la première enquête en France sur un sujet encore tabou : la santé mentale dans l’industrie musicale. Les spécificités de nos métiers engendrent des problèmes de santé physique et mentale sérieux (rythme de travail, voyages, travail nocturne, environnement festif, pression des réseaux sociaux et du nombre de clics, trac pendant les prestations, complexité juridique, précarité, gestion de l’échec ou du succès, distorsion entre rêves et réalité …) Les chiffres que nous avons trouvés sont inquiétants, et bien souvent plus élevés que les moyennes nationales. En outre, le fossé entre le grand nombre de personnes en souffrance et le petit nombre de personnes qui se soignent est très important : L’objectif de cette enquête est d’alerter les professionnel.les de la musique et les pouvoirs publics quant au mal-être des femmes et des hommes qui travaillent dans le secteur musical. Il apparait urgent de travailler collectivement à la mise en oeuvre d’un plan de préservation de la santé et du bien-être des artistes et des professionnel.les de l’industrie musicale : il faut investir dans la prévention et créer un fond d’aide pour faciliter l’accès aux soins et encourager la guérison. Le collectif CURA et la GAM travaillent à la rédaction d’un Guide pratique de prévention à destination des professionnel.es de la musique, à paraître début 2020. Nous proposerons également des ateliers à partir de Janvier 2020. Téléchargez ici l’enquête complète Téléchargez ici la synthèse de l’enquête Visitez le site de CURA

Étude exploratoire sur l’autoproduction des artistes de la musique

Comment le phénomène de l’autoproduction affecte-t-il la trajectoire des artistes et les logiques d’organisation du secteur musical ? Le ministère de la Culture publie aujourd’hui un rapport, auquel la GAM a contribué, sur ce phénomène ancien mais d’une ampleur nouvelle. Synthèse (revue par l’IRMA) Impacts du développement de l’autoproduction sur le secteur musical Reconfiguration du rôle des maisons de disques : Évolution du rôle de producteurs de spectacle vivant : Émergence d’un écosystème autour des artistes auto-produits : Impacts du développement de l’auto-production sur les trajectoires d’artiste Choix revendiqué ou contraint ? Les difficultés rencontrées par les artistes auto-produits : Télécharger & Lire l’étude exploratoire [ou la synthèse]

DEEZER propose un nouveau système de rémunération pour les artistes

Pour DEEZER, le marché du streaming croît rapidement, c’est le moment de changer de modèle. DEEZER souhaite opter pour l’UCPS (User Centric Payment System), un système de répartition centré sur l’utilisateur. Aujourd’hui, les ayants droit et créateurs sont rémunérés à la hauteur de leur part de marché globale. L’argent des abonnés va donc à des artistes qu’il n’ont pas nécessairement écoutés. Avec UCPS, ce que l’abonné paye sera reversé uniquement aux artistes qu’il aura vraiment écoutés. La GAM et IAO soutiennent cette initiative car nous pensons qu’elle permettra une répartition de la valeur plus juste pour les artistes et auteurs, mais aussi plus claire pour les abonnés. En changeant de modèle, Deezer veut « s’assurer que le plus grand nombre d’artistes bénéficient de cette croissance. » Passer du modèle centré sur les parts de marché (market centric) au modèle centré sur l’utilisateur (user centric) permettrait de : #1 Corriger les anomalies engendrées par le système actuel #2 Soutenir la création locale et les genres musicaux de niche #3  Favoriser la création et la diversité #4 Combattre la fraude → En savoir plus

Dans le cadre de la mission de préfiguration du Centre National de la Musique, La GAM, qui a fait une contribution écrite, a été conviée par les députés Emilie Cariou et Pascal Bois à deux réunions de concertation avec les autres organisations du secteur musical.

Ces deux réunions se dérouleront le jeudi 12 et le vendredi 13 juillet à La Rochelle à l’occasion des Francofolies. Y seront discutés les sujets suivants :– Le périmètre d’intervention du futur CNM– La définition de ses missions– Ses financements Auteurs, Artistes (GAM),  et managers (MMF) ont envoyé leur contribution aux députés, que vous pouvez consulter ici.

Débat: un an après la signature de l’« Accord Schwartz », le bilan du SNEP, de la GAM et de l’ESML

Le protocole d’accord « Pour un développement de la musique en ligne », issue de la mission de médiation confiée par le ministère de la Culture et de la Communication à Marc Schwartz le 20/05/2015, a été signé le 02/10/2015. Un an après, Suzanne Combo, déléguée générale de la GAM, Guillaume Leblanc, directeur général du SNEP, et Ludovic Pouilly, président de l’ESML, dressent le bilan, pour News Tank, de la mise en œuvre des engagements inscrits dans ce protocole d’accord. « Je dirais à nouveau à quel point la signature de ce protocole d’accord était un événement historique pour le secteur de la musique, un vrai pas en avant pour une filière unie. (…) Mais la mise en œuvre du protocole d’accord est, à date, très décevante. Un an après, nous avons travaillé sur tous les engagements au travers de groupes de travail et cela n’avance pas, ou difficilement », déclare Suzanne Combo. « Sur le soutien à l’emploi dans la filière, un fonds a été créé, notamment abondé par l’État, à hauteur de 1 M€, ce qui n’était pas forcément gagné au départ lorsque nous travaillions sur l’accord. Sur la diversité culturelle dans les médias, l’accord abordait le sujet des quotas radios, et sur la structuration de la filière, il est question de l’observatoire de l’économie de la musique. Des choses se sont mises en place, du chemin a été parcouru, même si tout n’a pas pu se faire en un jour. Il reste du travail à accomplir dans de nombreux domaines. Néanmoins, la dynamique est là, avec des périodes où l’on constate une accélération, et d’autres où la situation est plus compliquée », indique Guillaume Leblanc. « Cet accord est important dans la mesure où il reconduit les “13 engagements pour la musique en ligne”, qui avaient été signés à l’issue de la “mission Hoog”. (…) Mais l’ESML, pour être honnête, n’attendait pas beaucoup plus de cet accord, avant tout centré sur la relation producteur-artiste. Nous étions davantage attentifs au vote de la loi LCAP, intimement liée à cet accord, qui prévoit la nomination d’un médiateur de la musique, lequel doit se pencher sur l’écriture d’un code des usages, que nous accueillons favorablement », explique Ludovic Pouilly. Un an après la signature de ce protocole d’accord, jugez-vous que la mission confiée à Marc Schwartz a été bénéfique pour vos métiers et les relations entre les différents acteurs du secteur ? Les engagements prévus dans le document entrent-ils en application suffisamment vite, selon vous ? Suzanne Combo : Je dirais à nouveau à quel point la signature de ce protocole d’accord était un événement historique pour le secteur de la musique. C’était un vrai pas en avant pour une filière unie. Et pour la GAM, un artiste heureux, c’est une filière qui fonctionne. Certes, la signature est historique, mais la mise en œuvre du protocole d’accord est, à date, très décevante. Un an après, nous avons travaillé sur tous les engagements au travers de groupes de travail et cela n’avance pas, ou difficilement. Nous étions par exemple récemment réunis au sein du groupe de travail concernant la transparence sur les redditions de compte, avec les responsables des services royautés de chaque major et les DAF des labels indépendants. Les seuls à avoir établi un document et formulé des propositions pour améliorer la compréhension des relevés de royautés, c’est la GAM. Les majors n’ont pas été capables de produire un simple fichier Excel. On ne comprend pas bien pourquoi, au bout de cinq réunions sur le sujet depuis la signature de « l’accord Schwartz », de tels problèmes subsistent, avec toujours les mêmes arguments : « problème technique » et « système de reporting international ». Ce groupe de travail, que l’on pensait pouvoir être conclusif au bout d’un an, ne l’est pas. Et l’étude sur le partage des rémunérations entre artistes et producteurs n’avance pas non plus… Guillaume Leblanc : De mon côté, j’aurais tendance à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Certes, « l’accord Schwartz » se concentre beaucoup sur les relations entre artistes et producteurs de musique, mais c’est un accord avant tout global, un accord de filière. On peut même signaler que deux signataires nous ont rejoints en cours de route, début 2016 : la CSDEM et CEMF. Ludovic Pouilly : C’est important en effet, mais qu’il s’agisse de la CSDEM ou même de la Sacem, l’impact de l’accord à leur endroit est très faible. Pas d’engagement spécifique de leur part, mais l’accord leur reste néanmoins opposable. G. L. : Tout à fait d’accord, mais il n’en reste pas moins que ce qui fait la force de cet accord c’est qu’il englobe toute la filière, Suzanne le rappelait en préambule. C’est une négociation qui a été dure, un peu tendue parfois, et nous avons signé à la dernière minute. Mais, après des années de défiance, dans le nouveau paradigme induit par l’arrivée du streaming, cet accord a permis de retisser des liens de confiance. Lorsqu’on regarde le bilan, on constate que nous avons tenu, y compris avec les partenaires sociaux, une vingtaine de réunions et trois comités de pilotage. Fleur Pellerin soulignait le caractère historique de cet accord. D’ailleurs, des non-signataires se retrouvent aujourd’hui inclus dans les groupes de travail ! S. C. : Mais la négociation entre partenaires sociaux ne concerne qu’un seul des engagements de « l’accord Schwartz ». G. L. : Sur les relations producteurs-artistes, bien évidemment, il reste du travail à fournir. Sur les equity, deux des trois majors se sont clairement positionnées en indiquant qu’elles partageraient les éventuelles plus-values, effectuées sur la revente de leur participation dans les services de streaming, avec les artistes. Ces déclarations sont à mettre au crédit de l’accord. Sur la compréhension des relevés de royautés, je suis très surpris du revirement de Suzanne, qui affirmait il y a encore quelques jours être satisfaite de notre groupe de travail, à l’occasion d’une interview donnée à l’IRMA. Les choses avancent dans le bon